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Les Champs Libres en mode collaboratif

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Depuis 2016, Les Champs Libres ont mis en place des rendez-vous innovants : les rendez-vous 4C (Créativité, Coopération, Communs, Convivialité).

Cette nouvelle « forme » interactive permet à chacun de participer, de proposer et de mener son propre atelier. Se retrouver autour d’un intérêt commun, partager ses connaissances, apprendre et “faire avec » les autres…. Les rendez-vous 4C sont étonnants, créatifs et vivants. Organisés par des « facilitateurs », ils sont ouverts à toutes les personnes souhaitant y participer.
Ça nous rappelle un peu Museomix 😉

Suite à un appel d’offre, les Champs Libres demandent à Pollen de créer une identité visuelle forte, représentative de la démarche 4C, quel que soit le sujet des ateliers organisés. En plus de la création du logo des RDV 4C, nous devons proposer un système graphique à partir duquel les participants pourront réaliser eux-même le logo de leur propre atelier.

 

De belles références

Parmi les éléments de brief donnés par les Champs Libres, ces images illustrent des systèmes graphiques évolutifs et participatifs… que du beau monde !

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De gauche à droite : La vitrine de TrafikArnaud Laly • Jeu de société « Imagine » • White Studio

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On fait tout à l’envers

Pour créer l’identité des 4C, Pollen commence par proposer 3 pistes graphiques très différentes, ayant toutes comme colonne vertébrale l’aspect participatif et collaboratif des RDV4C.

La piste retenue par les Champs Libres se base sur un système simple, lisible, efficace, ludique et faisant appel à la créativité des participants aux ateliers. Le projet nous oblige à travailler différemment : nous construisons d’abord le système graphique, puis le logo générique des RDV4C.

Nous proposons 3 répertoires de formes :

  • un répertoire magenta, qui traduit des matières, des motifs, et suggère différentes notions, par exemple, petites formes = particules, ingrédients >> cuisine, points de crochet = broder, quadrillage = rigueur etc.
  • un répertoire bleu qui exprime plutôt des verbes, de manière un peu plus figurative : Fabriquer – réfléchir – enrichir – co-construire – converser – bricoler – cuisiner – coder – rencontrer – écrire – jouer – signer, etc.
  • un répertoire jaune avec des signes plus abstraits et qui illustrent des concepts : sorte de sablier (rapport au temps), rose des vents (géographie, sens, etc.), cible (objectifs, précision…)

Chaque répertoire est imprimé sur des calques puis découpé au format carré.

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Do it yoursef

Les participants choisissent ensuite un calque par répertoire et les superposent  les uns sur les autres.

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Le plus difficile est sans doute de choisir l’association de calques qui convient à tous les participants de chaque atelier. Une forme peut parler à l’un mais pas du tout à l’autre, et vice-versa… Ça promet des ambiances sympas lors des ateliers 🙂

Une fois que les participants sont d’accord sur ce qui les représente le plus, ils peuvent ajouter le nom de l’atelier et une baseline. Nous avons prévu une typo ronde, douce et libre de droits, qui accentue le côté convivial du système graphique.

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Pour résumer le projet, Pollen crée une boite à outils pour que chaque participant, même non-initié au graphisme, puisse fabriquer son logo à la main ou de manière numérique, selon sa préférence.

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Le logo générique

Une fois n’est pas coutume, après le système graphique créé, nous concevons le logo global des RDV4C. Il marque l’identité des ateliers et doit leur assurer impact et visibilité.

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L’idée est de représenter au mieux les RDV 4C. Nous avons voulu raconter l’histoire du système graphique et montrer comment il fonctionne : un calque magenta, un bleu et un jaune se combinent les un aux autres. On obtient 4 formes > pour les RDV 4C. Ces 4 formes traduisent également la baseline de manière abstraite :

  • créativité : pour l’assemblage des différents calques
  • connaissances : il faut se mettre d’accord, s’entraider pour construire le logo
  • citoyenneté : ouvert à tous, typo libre de droit, simple à réaliser
  • collaboration : rondeur de la typo, on crée le logo tous ensemble.

 

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Et alors, ça marche ?

Et oui ! Nous sommes allées tester le principe graphique lors d’un atelier avec différents participants des RDV 4C cette semaine aux Champs Libres. Chaque atelier a pu créer son propre logo de manière ludique et collaborative ! Ravies de voir en direct comment les membres s’approprient et interprètent les différentes formes proposées ! Une belle expérience dans une ambiance conviviale et décontractée !
Merci aux Champs Libres pour leur accueil et pour les photos !

+ d’infos sur les RDV4C, par ici : le tumblr des RDV4C

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1. Tendances en illustration

Plus de sensibilité

Tout le monde a fait ce constat sur les photos depuis longtemps : les photos libres de droits des banques d’images sont souvent stéréotypées, et peu satisfaisantes pour personnaliser un message. Aujourd’hui, la tendance est la même pour les illustrations.
Adieu les dessins vectoriels achetés en ligne : les vraies illustrations, dessinées sur mesure pour un client et une utilisation spécifique, sont d’actualité en 2018.
Cela implique un travail conséquent : trouver un vrai style de dessin, un cadrage, un trait, des couleurs, une texture et des sujets adaptés. Mais le jeu en vaut la chandelle : avec le dessin, on peut exprimer à peu près tout ce que l’on souhaite plus facilement qu’en photo, et en laissant place à l’imaginaire et au sensible.

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Illustrations réalisées par PollenStudio pour Rennes Métropole, les BU de R2 et l’UBL

Plus de couleurs RVB

Avec le retour des années 80, on voit revenir des couleurs qui avaient disparu depuis 30 ans : rose saumon, vert émeraude, violet (couleur de l’année 2018, l’ultraviolet, qui rappelle le mythique Purple rain de Prince), bleu dur…
Les couleurs sont très vives, comme lorsqu’on les voit en RVB sur un écran. On cherche à reproduire en print la luminosité de l’écran.

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Plus d’ombres

En web comme en illu, il semble que le « flat » design a vécu. Les articles que nous avons parcourus s’accordent pour dire que les ombres sont de retour pour donner plus de profondeur, et améliorer la lisibilité des contenus sur écrans.
Cela ne veut pas dire qu’il y a des ombres partout : il faut les utiliser avec légèreté pour aider la lecture. C’est une question de sophistication, de dosage, au service des messages à transmettre.
Cette année, on ajoute également des contours aux illustrations, des dessins au traits qui viennent accentuer l’attitude des personnages et leur donner vie. On chasse cette ambiance glaciale et figée du flat design !

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De gauche à droite : Stéphanie Cahyadi / Tepi CurryJefprodCami

Plus de dégradés

En parlant d’ombres, on parle aussi de dégradés. Ils sont omniprésents dans les illustrations. Comme les ombres, ils donnent de la profondeur aux illustrations.
Les dégradés reviennent en force, associés aux couleurs vives. On passe sans hésitation du vert pomme au jaune citron, du saumon au violet, du bleu roi au vert jade. Le fond en dégradé permet d’habiller une image, il suffit presque à composer une affiche, et met en valeur les illustrations.

 

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De gauche à droite : Léo NatsuneMarly Gallardo

Plus de textures

Les textures et matières s’ajoutent aux à-plats colorés des illustrations : des petits points (comme du grain photo, ou du bruit), des contours plus approximatifs au pinceau ou au crayon et même des motifs !  On cherche à reproduire le fait main.
D’ailleurs, si la technique de réalisation est un peu artisanale (linogravure, sérigraphie, tampon, etc.) c’est encore mieux. On sent les imperfections de la main du créatif : un bonheur dans ce monde lisse du numérique !

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De gauche à droite : Yukai Du • Andreas De SantiGéraldine Sy

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2. Tendances en identité visuelle

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Des logos responsives

Aujourd’hui, dès leur conception les logo sont pensés pour être animés. Ils doivent aussi s’adapter aux contraintes des écrans de tailles différentes selon le support. Plus qu’une tendance, c’est plutôt une contrainte technique qui est à l’origine de ces logos.
Des versions différentes, plus ou moins contractées, sont dessinées pour faire face à toutes les utilisations.

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Des logos-accidents typos

Conséquence du point précédent ou de l’influence des marques du web, les identités avec accident typo sont à la mode. Faire plus avec moins : elles permettent de faire passer un message avec une économie de moyens puisque le signe est dans la typo.
Les monogrammes, simple, élégants et raffinés ont le vent en poupe… profitons-en avant que ça ne change ! En même temps, le minimalisme ne doit pas non plus être ennuyeux et plat. Il faut trouver la bonne dose de sophistication, dans le dessin des lettres, dans un accident typo, dans une mise en page, pour avoir « ce petit supplément d’âme, cet indéfinissable charme » qui fait la différence…

 

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Logos par Philippe Apeloig • Thibault Chignaguet •  Zaki Arifin

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3. Tendances en couleurs

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Le dégradé est partout !

On assiste toujours au retour des années 80 (lire notre article ici), en mode, en décoration et en communication visuelle. Cela se traduit sur les images par l’utilisation de couleurs très vives, voire fluos ou RVB, associées en dégradés. Et oui, comme on l’a vu plus haut, avec les tendances en illustration, depuis quelques mois c’est aussi le retour du dégradé. Utilisé en fond d’image, il fait son grand retour en arrière-plan de typos plus ou moins sobres.

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De gauche à droite : IrradieSam ColdyMagdiel Lopez

 

Quand les couleurs envahissent les photos

Dans la catégorie des tendances de couleur, les images « duotone » sont aussi en vue. Il peut s’agir de superposer 2 images monochrome (toujours dans des tons vifs) ou de créer des ombres colorées sur une même image. Ce genre de principe graphique permet aussi de donner une unité visuelle et graphique à un document. Le rendu est une image dont les couleurs apparaissent plus vives, encore plus colorées, et donc globalement plus séduisante.

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Via Pixelo

  

 

Quand la lumière joue avec les photos

Cette technique fait ressortir la profondeur de l’image. Elle donne l’illusion du relief, l’impression de projecteurs de spectacle. Les ombres colorées sont souvent traitées par deux, comme un écran 3D vu sans lunettes. De plus, les photos sont surlignées par de la couleur vive, ce qui rejoint la tendance du recours aux couleurs lumineuses des écrans. Plus colorées, plus lumineuses, ici aussi les photos deviennent plus attrayantes.

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Via Behance

 

Pour en voir plus

Allez voir lareclame.fr et behance.net.
Certaines tendances se recoupent plus ou moins… peut-être d’ailleurs que ce ne sont déjà plus des tendances, dès lors que tout le monde les a identifiées ?
Quand même, nous, on file faire imprimer nos cartes de visite en fluo + ton direct 🙂

Le 1er janvier 2017, la Communauté de communes a fusionné avec sa voisine, la Communauté du Pays de Grand Fougeray pour former Bretagne Porte de Loire.
Le nouveau territoire est passé à 20 communes, de 500 à 7 500 habitants. Il faut rendre visible la nouvelle Communauté de communes, et incarner ses missions, souvent mal identifiées par les habitants. Les deux logos existants n’avaient rien en commun, si ce n’est un graphisme daté et une lisibilité à optimiser…

Logos existants

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Un appel d’offre éthique

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La première choses à retenir sur cet appel d’offres est son respect du travail graphique. Aucun travail créatif n’a été demandé en amont, comme c’est malheureusement encore souvent le cas. Ici, les étapes ont été organisées de la façon suivante :
• phase 1 : appel d’offre sur devis et références similaires, sans proposition créative,
• phase 2 : choix de 3 candidats, rencontre de chaque candidat pour un exposé du brief,
• phase 3 : travail des 3 candidats sur un nombre de pistes réaliste,
• phase 4 : audition de présentation des pistes créatives des candidats,
• phase 5 : choix du finaliste (critères objectifs), dédommagement des candidats non retenus.

Ce processus a été long, mais il a permis un échange fluide avec les Com. de com.. D’un côté, chacun des candidats a pu avoir une bonne compréhension de la problématique, et travailler en sachant que son projet aurait une chance sur trois d’être retenu. De l’autre côté, les chargées de communication de l’institution ont pu se faire une idée précise des l’état d’esprit et des compétences de chaque agence retenue, et leur faire part de leurs attentes de façon précise et argumentée.

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Un brief inspirant

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Le second élément marquant dans ce projet est la qualité du brief : précis, structuré et illustré par plusieurs exemples graphiques reconnus. Le brief explique clairement les valeurs et les attentes de la future Communauté de communes. Une étude a été menée en ce sens auprès de la population, pour définir ce qui fait l’essence de la Com. de com..

Nos interlocutrices connaissent parfaitement le métier de graphiste : l’une d’elles est graphiste à mi-temps. Leur demande est précise et leurs références incontournables. Les identités de Porto, de la région de Nordkyn, de Bordeaux Métropole et du et du MIT Media Lab (version de 2012) nous sont présentées comme sources d’inspiration. Un article de l’excellent blog de Graphéine sur les identités génératives (à lire ici) est également cité. Ça c’est du brief !

Pour mémoire (et pour le plaisir), un des premiers logos génératifs, créé par Sagmeister & Walsh pour la Casa de musica à Porto :

© Sagmeister & Walsh

 

Les identités « génératives » (non figées, qui s’adaptent suivant le discours/le sujet) intéressent la Communauté de communes de Moyenne Vilaine Semnon pour leur modularité. Nos interlocutrices cherchent à montrer les différentes missions de la Communauté de communes, à incarner les aspects variés du territoire, et à ne pas s’enfermer dans un système trop rigide, dont elles ont une mauvaise expérience.

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Et c’est parti pour la créa !

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En fait, rien ne réunit vraiment les deux territoires… à part la Nationale 137. Les habitants et la Com. de com. souhaitent qu’on les repère géographiquement. A égale distance de Rennes et de Nantes, la situation est un atout permettant de travailler, étudier, ou se divertir, dans l’une ou l’autre des métropoles.

Le logo retenu est basé sur la situation géographique : le lettrage est organisé en 3 blocs dont la forme évoque celle de la Bretagne. La typographie est ronde, proche et accessible. Le lettrage placé sur un bloc est complété par un pictogramme qui situe l’axe vertical Rennes/Nantes, et place la Com de com. en son centre. Ce sont aussi deux flèches qui se rejoignent, et un éclat qui brille.

 

Logo Bretagne Porte de Loire

 

Nous dessinons un ensemble de pictogrammes pour incarner les missions de la Com. de com.. Le logo est modulable car il peut être complété par une série non figée de pictos, en fonction des besoins. La transparence du bloc de lettrage sur les pictos apporte de la légèreté. Les couleurs vives sont choisies pour donner du dynamisme à l’ensemble et refléter les valeurs de la Com. de com.. La charte graphique précise les grandes règles pour que l’identité soit respectée, tout en laissent une certaine souplesse pour que le logo puisse évoluer avec le temps.

La Communauté de communes utilise sa nouvelle identité depuis le début de 2017. Le logo prend peu à peu  sa place sur le territoire. Nous espérons que les habitants s’y retrouveront, et que les responsables de la communication de la Com. de com continueront de l’utiliser avec plaisir, en prolongeant les possibilités qu’il offre avec l’ajout de nouveaux pictogrammes.

 

Cartes de visite Bretagne Porte de Loire

Bretagne Porte de Loire papeterie

 

Pour en savoir plus sur les identité génératives, nous vous recommandons encore de lire l’article de Graphéine (ici), et de vous procurer le livre d’Irene van Nes “Dynamic Identities” qui montre de nombreux exemples internationaux créés ces dernières années.

Histoire de Pickles

Lors d’un séjour à San Francisco en 2015, pour la vente de leur première startup Social Moov, Véronique Bergeot et Sylvain Eche testent la livraison de plats à domicile. De retour en France, ils décident de lancer Pickles, convaincus qu’il est possible de proposer une cuisine saine, en alternative aux burgers, nuggets ou autre pizzas qui font l’essentiel de l’offre de livraison de plats à domicile. Ils s’associent alors au chef Eric Fontanini qui élabore une gamme de recettes originales, préparées à partir de produits frais.

Les plats sont cuisinés tous les jours dans les cuisines de Pickles à Gennevilliers, et livrés à Paris et en proche couronne à température idéale pour être dégustés immédiatement. Le succès ne tarde pas : lancée début 2016, Pickles réalise une première levée de fonds début 2017. Cela lui permet d’agrandir sa zone de livraison à la totalité des arrondissements parisiens dès la fin de l’hiver 2017.

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L’image doit exprimer le concept

.Après 10 mois d’existence, fin 2016, la startup souhaite accompagner son fort développement en structurant et en professionnalisant sa communication.

Le nom est déjà utilisé : il doit changer pour pouvoir être protégé en tant que marque. Le nom et le logo existants ne sont pas évocateurs de la qualité des produits proposés. Le nom anglais « pickles » renvoie à l’apéritif, au oignons et cornichons qu’on grignote… pas  à des recettes élaborées par un chef, cuisinées avec des produits frais de saison, et livrées en moins de 20 minutes !

.Le nom en 3 semaines, le logo en 6 semaines

La directrice marketing de Pickles connait déjà Pollen Studio : en 2015, nous avions créé le logo de Padam, la startup de transport de nuit à Paris en minibus partagés, pour laquelle elle travaillait alors. Pickles fait appel à Pollen Studio fin janvier 2017, après mise en concurrence.
Un impératif : faire vite. Le marché est très concurrentiel, les startups évoluent vite : il faut lancer la nouvelle identité dès que possible.

La recherche de nom est faite en interne, avec plusieurs réunions de créativité. En 3 semaines, nous proposons deux séries de noms pour aboutir à 2 finalistes (non déposés à l’INPI et au RCS) qui expriment chacun des notions pertinentes pour la startup. Le choix se porte finalement sur 62 degrés. C’est la température que doit à voir un plat à cœur, pour que la règlementation considère qu’il est chaud (tolérance de 61 à 63°). C’est un avantage concurrentiel de la startup, et aussi un nom évocateur de la technique et de la précision de la gastronomie. Enfin, c’est un nom court, facile à mémoriser et qui éveille la curiosité.
Bref, parfait pour du storytelling !

Nous commençons la création graphique début mars 2017. Tout le monde à l’agence est très motivé par ce projet qui se démarque des logos « classiques » formés de lettres. Nous avons l’habitude de créer des marques à partir de mots, voir de phrases entières, et là : 62° ! Il nous faut incarner le positionnement, les valeurs, le style de la startup avec 2 chiffres et un °. Pas évident.

Nous faisons une recherche de typographies et travaillons sur le cercle, évocateur du signe « degré », de l’assiette et des plats Pickles.
Deux semaines plus tard, nous proposons 5 logos très différents, simple, abstrait, classique ou moderne  :

L’équipe de Pickles retient deux propositions :
– le premier logo (en haut à gauche) : simple et évocateur de l’assiette/plat livré avec le degré/sauce,
– le deuxième logo (en haut à droite) : classique, rappel de la gastronomie avec le point du degré placé en-dessous.

Ces deux pistes sont retravaillées : la première piste est simple et saine, et doit avoir plus de personnalité et de saveur. La seconde piste est très, peut-être trop, gastronomique : il faut la faire redescendre un peu en gamme.
Pollen fait plusieurs tests. A la demande de Pickles, nous essayons de croiser les deux idées, nous faisons évoluer les typographies, nous essayons d’apporter plus de saveur, plus de personnalité… Nos mots d’ordre sont « sain et savoureux« .

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Gastronomie revisitée

La piste « gastronomique revisitée » sera finalement retenue. L’évocation de la gastronomie, et la rupture avec les typographies traditionnellement utilisées par les startups vont servir à affirmer la personnalité de 62°, et à marquer sa différence sur le marché. Le 6 et le 2 sont entièrement redessinés sur la base de la typographie Ambroise. Les sérifs sont affinés, les pleins et les déliés sont accentués pour évoquer la finesse des goûts, la précision et l’onctuosité. Le mot « degrés » est composé en bas de casses, avec la typographie Decour : elle apporte modernité et contraste au 62, elle l’aide à être plus familier et moins élitiste.

 

Dans le même esprit, la couleur bleu jade est choisie aussi pour contraster avec la typographie. Elle modernise le 62, lui donne un côté « startup », en contraste avec le classicisme des chiffres. Elle se détache du vert d’origine de Pickles, en allant vers plus de fraîcheur et de modernité.

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Logo + app + univers + charte

Le logo est travaillé dès le début en 2 versions : une version « marque » et une version « app ». L’un des avantages du nom 62° se révèle particulièrement sur l’icône de l’app : en petit, le nom est très lisible. Sur l’app, le logo est simplifié : le mot degré n’est plus nécessaire puisque le signe degré (pastille) est placé à droite du chiffre. Le bleu jade prend la teinte de fond, et le nom passe en réserve blanche, pour optimiser le contraste et la lisibilité sur un écran lumineux.

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Après le logo, nous réalisons l’univers visuel puis la charte graphique de la marque. Pollen créé un registre de formes abstraites, évocatrices des ingrédients. Ces formes sont associées à un fond à l’aquarelle, qui donne de la légèreté aux supports.
La charte précise les règles de construction et d’utilisation du logo, spécifie les couleurs, la typographie d’accompagnement, et les motifs.

 

Adieu Pickles, bonjour 62 degrés !

Le nouveau logo, le nouveau site et la nouvelle app ont été lancé mardi 16 mai 2017 (hier). C’est désormais l’équipe de 62 degrés qui gère la marque et la décline sur tous les supports de communication, sur la base de la charte graphique et avec l’aide de son graphiste interne.
Un projet rondement mené : le nom 62 degrés a été trouvé en 3 semaines, le logo créé en 6 semaines, les supports en 4 semaines, l’univers et la charte en un mois. Le projet aura duré environ 3 mois à partir de la date du brief. Rapide pour une agence, et normal pour une startup qui livre en moins de 20 minutes 🙂

Voici le retour de Charline, directrice marketing de 62 degrés : « Nous sommes très contents du travail effectué sur cette nouvelle identité par toute l’équipe de Pollen, et pourtant le défi à relever était de taille, avec la création d’une nouvelle marque à partir de zéro pour une startup ayant à peine un an d’existence ! Laurence et son équipe ont très bien su nous accompagner et nous conseiller durant ce processus, avec des rendus très qualitatifs, construits et argumentés à chaque étape de création. La charte graphique complète a été finalisée en très peu de temps pour ce type de projet et toute l’équipe de 62 degrés est ravie de voguer sous ses nouvelles couleurs. »

Chez Pollen, nous avons été ravies de travailler sur ce sujet pour 3 raisons :
• travailler pour une startup est une expérience très positive : les exigences sont élevées et la prise de décision est rapide ;
• la recherche de nom n’est pas notre cœur de métier, mais là, on est fières d’avoir trouvé le nouveau nom (merci Stéphane, tu es trop fort)
• créer une identité culinaire nous permet de toucher l’univers de la cuisine, dont nous apprécions la grande richesse créative.

Bref, si vous êtes une startup ou un acteur du monde gastronomique en recherche d’identité : appelez-nous !

Et vivement la livraison de plats 62 degrés à Rennes !

La réception des plats 62 degrés

La livraison des plats 62 degrés

Le chef 62 degrés

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Dans un projet d’identité de marque, lorsque la relation entre le porteur du projet et l’agence est fluide, et qu’on partage de part et d’autre une implication forte, le projet est souvent une réussite. Cela s’est vérifié pour nous avec Oberthur.
Heidi Vincent, chargée de la refonte de l’identité chez Oberthur à l’époque du projet : « Pour la nouvelle identité graphique d’Oberthur, Pollen a su relever le challenge d’illustrer parfaitement les deux piliers de la marque : à la fois sa légitimité, forte d’un héritage de plus de 160 ans, et son nouveau positionnement de marque, résolument ancré dans l’optimisme et dans l’enthousiasme au quotidien. L’équipe de Pollen Studio a démontré une grande capacité d’écoute, de pertinence dans les propositions créatives et de professionnalisme tout au long du projet. » Merci Heidi !

Retour sur le process.

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Oberthur : une marque du patrimoine rennais

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Oberthur est une marque bien connue des rennais. Fondée en 1852 à Rennes par François-Charles Oberthür, l’imprimerie Oberthur connaîtra un âge d’or dans la première moitié du XXe siècle. Ses activités comprennent l’impression d’agendas et de calendriers, de livres scolaires et d’encyclopédies, et d’actions, d’obligations et de chèques.  L’imprimerie emploiera jusqu’à 1300 salariés [source : Wikipédia].


Parc Oberthur ©Musée de Bretagne

© Oberthur – Almanach 1888

Aujourd’hui, l’imprimerie produit et commercialise des agendas et calendriers millésimés, et une quantité importante de produits de papeterie : stylos, cartables, trousses, sous-mains, sacoches, semainiers, petits objets de maroquinerie, cahiers, classeurs, etc. La cible est très large : de l’enfant à l’adulte, femmes et hommes, du loisir au travail. Les gammes de prix s’étendent sur un large milieu de gamme : pas de premiers prix ni de luxe, mais tout l’éventail des prix intermédiaires. Les produits sont sympas, toujours dans la tendance du moment, de bonne qualité, et renouvelés très fréquemment. L’entreprise fonctionne bien, le chiffre d’affaires est en croissance régulière.

 

© Oberthur, produits 2016

Sur un marché qui évolue

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Cependant, la concurrence oblige la marque à se questionner. D’un côté, les marques historiques communiquent pour devenir des incontournables du secteur. A partir de sa propre histoire, Moleskine a mis en place un storytelling très puissant sur le carnet des créateurs. Les marques comme Quo Vadis, Exacompta, Clairefontaine, Oxford ou Waterman, ont toute une notoriété et une histoire de marque forte, et une taille suffisante pour être très actives en publicité.

 


© Moleskine

 

D’un autre côté, on assiste aussi à un phénomène de renouveau de la papeterie. De nouvelles marques connaissent un succès fulgurant depuis leur arrivée sur le marché : Papier Tigre, Season paper, Monsieur papier, Les éditions du Paon, pour n’en citer que quelques unes, assurent un renouveau de la papeterie. Les carnets sont vendus dans des librairies-papeteries spécialisées mais plus seulement : on en trouve dans des boutiques de vêtements griffés, dans des boutiques de décoration, etc. Ils font partie des accessoires qui embellissent la vie, ils expriment le lifestyle et la « branchitude » de leur propriétaire, comme les vêtements ou la décoration.
Des graphistes se mettent à produire des petites séries de carnets… dont Pollen, d’ailleurs 😉

 


© Carnets Pollen 

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Et Oberthur dans tout ça ?

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Oberthur n’est pas une marque aussi connue que ses concurrentes. Elle n’évoque rien de particulier à ses clients, ne véhicule pas de valeurs ni de message original qui la différencierait des autres marques. Le signe du logo n’est pas compris. Enfin, elle n’est pas utilisée de façon visible et cohérente sur ses produits. Elle en disparait même parfois complètement…

 

 

Nous sommes contactées par Oberthur Editions (l’imprimerie Oberthur) début 2016. L’entreprise a déjà pris conscience de ses atouts et de ses handicaps. Une plateforme de marque est en cours d’élaboration avec une agence spécialisée. Elle doit définir les valeurs et le positionnement d’Oberthur. Dans un second temps, le logo sera revu pour incarner au plus près le nouveau positionnement. Une consultation privée est organisée pour créer la nouvelle identité. Oberthur ne demande pas de travail de création pour la compétition, mais une compréhension des enjeux, une méthodologie de travail, et un prix. 5 agences locales et parisiennes sont auditionnées et Pollen Studio est retenue au printemps 2016 🙂
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Soutenir la plateforme par une identité forte

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La plateforme de marque a définit un positionnement qui exprime la qualité des produits, leur accessibilité, et leur aspect « mode » : « Avec Oberthur, le quotidien est beau ». Notre mission est d’incarner ce positionnement dans une identité contemporaine et durable, tout en assurant le lien avec le logo historique. Nous devons faire en sorte que le public comprenne le positionnement, et que le personnel de l’imprimerie soit fier de la nouvelle identité pour l’utiliser au maximum sur les produits. Au-delà du logo seul, nous devons travailler sur la charte graphique : elle va définir comment appliquer le logo sur tous les produits de façon cohérente, stable et impactante ; et sur les codes graphiques : nous allons construire un univers de marque dont les codes porteront les valeurs de Oberthur.
Chez Pollen, on adore avoir un peu de pression !

Notre travail commence par une étude de l’existant. Nous analysons aussi bien le logo actuel d’Oberthur que les identités de ses concurrents principaux. Se dégagent plusieurs types de marques :
les logos typographiques : Filofax, Hamelin, Paperchase, Moleskine, Elba… reposent tous uniquement sur leur typographie ;
les logos au signe illustratif : Oxford, Viquel, Rhodia, Clairefontaine, mais aussi Season Paper, Papier Tigre, Les éditions du Paon, Green & Paper, ont des signes évocateurs reconnaissables, du sapin aux lions en passant par le tigre et la verseuse d’eau ;
les logos au signe abstrait : Canson, Quo Vadis, Oak Gallery, Eté 36… ont des signes abstraits, qui peuvent être interprétés de différentes manières.

Le logo Oberthur existant devrait faire partie de la deuxième catégorie, mais il entre plutôt dans la dernière car son signe est difficile à comprendre. On perçoit un soleil ou un paysage alors qu’il s’agit d’un calendrier solaire (la mesure du temps). Graphiquement, le signe est enfermé par un double cadre. Il comporte beaucoup de détails (rayons) inutiles. Le signe est d’un tracé très fin, qui n’a rien en commun avec la graisse de la typographie. La typo est impactante et forte, mais datée et lourde.
Nous allons retravailler les deux :

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Le lifting du logo

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Nous commençons nos recherches avec des propositions de lifting et de nouveau logo. Nous cherchons à dessiner des propositions depuis la plus proche du logo existant, jusqu’à la plus éloignée. Cela nous permet de mieux percevoir jusqu’où la marque est prête à aller. Nous testons des pistes avec un signe plus ou moins abstrait voire des pistes uniquement typographiques.

L’idée de ré-interpréter le cadran solaire en un soleil levant inscrit dans un cercle est retenue à la fin de la première phase de recherches. Le soleil levant créé un lien visuel avec le signe d’origine. Il porte les valeurs positives de la plateforme : la beauté du quotidien est incarnée par le soleil qui se lève chaque jour. Il rayonne, il met de bonne humeur, et il est partagé par tout le monde, comme les produits Oberthur.
Le signe du soleil levant est retravaillé avec 2 choix typographiques, en bas de casses, et en capitales + bas de casse.
Les typographies retenues, Core Humanist et Noyh, expriment la proximité, la douceur, la simplicité, tout en étant très actuelles.

De nombreux essais sont faits à l’agence avec le signe. Nous testons la graisse, le nombre de rayons du soleil, leur placement, les dimensions du cercle du soleil, sa forme… C’est un travail de précision pour que le signe et la typographie soient parfaitement harmonisés.

 

A la fin du processus, au bout de 5 semaines et 5 aller-retours, le logo est quasiment finalisé.
La typographie est redessinée sur la base de la Noyh. Nous intégrons des accidents typographiques : le « e » est intégré en bas de casse, pour apporter de la proximité et de l’accessibilité à la marque, le « r » est dessiné avec une longue jambe, pour ajouter un esprit féminin et doux à l’ensemble. Enfin, le placement du logo est revu : le signe sera placé au-dessus du lettrage, et non à côté.

Assurer la cohérence de la marque sur tous les supports

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Reste à créer l’univers de marque et à placer le logo sur les supports de communication, depuis la papeterie jusqu’aux produits. Nous portons une grande attention à la cohérence du logo sur tous les supports, en tenant compte des impératifs de chaque produit : les matières, les formats, les couleurs, les décors sont tous différents ! Pas facile de trouver une logique simple et efficace, pour que chaque chef de produit s’y retrouve.


Le logo sera toujours utilisé dans sa version complète (signe + lettrage) sur tous les produits, sur la première de couverture (ou sur le devant du produit). On utilisera le signe seul, en plus du logo complet, sur les fermoirs ou zips.
Le logo est complété dans la charte par une gamme de couleurs, un typographie et des motif/trames pouvant servir de décor. Nous dessinons également des illustrations des produits et définissons un style illustratif et un style iconographique. Au final, nous rédigeons 80 pages de charte !

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L’avis de Oberthur

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Nous avons mis beaucoup de notre énergie et de notre passion pour la création graphique de marque dans ce projet. Nous partageons avec l’équipe de Oberthur la fierté du résultat obtenu. Voilà le retour de Heidi Vincent, responsable du projet chez Oberthur éditions :

« Pour la nouvelle identité graphique d’Oberthur, Laurence Schultz et son équipe ont su relever le challenge d’illustrer parfaitement les 2 piliers de la marque : à la fois sa légitimité, forte d’un héritage de plus de 160 ans et son nouveau positionnement de marque, résolument ancré dans l’optimisme et l’enthousiasme au quotidien. L’équipe de Pollen Studio a démontré une grande capacité d’écoute, de pertinence dans les propositions créatives et de professionnalisme tout au long du projet. »

Merci Heidi !
De notre côté également le projet s’est très bien déroulé, vite mais sans précipitation, avec le temps de pousser nos propositions, et avec des attentes fortes de l’équipe projet qui nous ont porté et soutenu.

Je complète cet article écrit en févier 2017 car aujourd’hui, mercredi 17 mai 2017, le nouveau site est sorti !
On y retrouve bien l’esprit de la charte graphique, et on y voit vivre le logo.
Qu’en pensez-vous ?

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Réaliser l’habillage graphique de l’offre…

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Suez nous contacte début 2016 pour formaliser un dossier d’appel d’offres.
Il s’agit de proposer une identité visuelle et une mise en page qui mette en valeur l’offre de Suez. Le graphisme doit aider les équipes de Rennes Métropole à comprendre la structuration des différentes parties de la réponse, et à percevoir le positionnement et le message que souhaite délivrer l’entreprise candidate. Il faut rendre visible dès la couverture le titre de chaque document, le numéro du lot, le nom de l’entreprise, et le concept-titre de la réponse.
Bien sûr, les délais sont très contraints puisque c’est un appel d’offres.

Un système de classeurs est retenu. Il permet de soigner la présentation globale tout en autorisant la correction des pages jusqu’au dernier moment. Les équipes de Suez gèrent les pages intérieures, et nous nous occupons des 6 classeurs et environ 50 intercalaires. Pour améliorer la qualité des classeurs, notre super imprimeur propose des fermoirs métal invisibles. Nous utilisons certaines couleurs de la charte Suez (bleu marine et vert tendre) pour être cohérent avec la charte graphique du Groupe, et apportons une typographie très contemporaine proche de la TJ-Evolette (la Baron) et une couleur vive (turquoise) pour illustrer le caractère novateur de l’offre. Enfin, nous réalisons un motif de fond qui exprime le recyclage des déchets, et nous imprimons les intercalaires sur du carton brut 320g.

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… et concevoir son étui
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Mais la demande de Suez va plus loin. Pour incarner le concept de l’offre, l’entreprise nous interroge également sur un contenant pour les classeurs.

Nous commençons par chercher du côté des matières naturelles : carton brut, tissu, bois… Mais il nous semble plus intéressant de ré-utiliser un contenant existant, plutôt que d’en fabriquer un en consommant des ressources et/ou de l’énergie. L’emballage de l’offre pourrait être un rebut valorisé. Il faut cependant que l’objet soit solide pour porter les 3 à 4 kg de l’offre, pratique pour que l’on puisse le transporter et stocker l’offre, léger puisque les classeurs sont lourds, protecteur pour que l’offre ne soit pas abimée, et enfin propre et laissant visible la tranche des classeurs. Ah oui, et il faut aussi contenir une tablette numérique avec son câble d’alimentation, et une clé USB !

 

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Une solution : l’up-cycling !

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Nous proposons de recycler des caisses de bouteilles de vin. Fabriquées en pin, elles sont à la fois légères et solides (pour transporter des bouteilles lourdes et fragiles), de dimensions standard, proche des classeurs, et surtout, elles peuvent encore être utilisées après l’appel d’offre de multiples manières. On peut en faire des étagères, des paniers à chat/petit chien, des caisses de rangement de jouets, de livres, des cache-pots… D’ailleurs, nous ajoutons un mode d’emploi DIY pour inciter au recyclage des boites.
L’équipe du service communication de Suez est emballée par l’idée !

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Il ne reste plus qu’à faire tenir les classeurs dedans… quelques frayeurs de dernière minute sur quelques millimètres en plus ou en moins selon la quantité de feuillets, et c’est gagné. Nous déplaçons le côté des boites pour voir les tranches des classeurs et masquer la marque du vin, nous ajoutons une poignée en corde recyclée, un peu de ponçage, et c’est prêt. Merci à Mathieu et à Gwilherm, qui nous ont bien aidé dans la fabrication 🙂

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Ce projet a été l’occasion de sortir de notre univers du graphisme imprimé et en 2 dimensions pour aller vers de la 3D, à la fois packaging fonctionnel, objet de décoration, et up-cycling. Nous avons pris du plaisir à élargir notre champ de recherche, et sommes ravies si cela a pu contribuer à la réussite de Suez.

Et on avoue, on a aussi récupéré quelques caisses de vin pour servir de présentoir à la boutique de Pollen !

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Depuis 2012, nous travaillons ponctuellement pour Rennes Métropole sur différents sujets (Dimanche au Thabor, Parcours Musée, etc.). En novembre dernier, la Responsable du Service Graphique de l’institution nous proposait de concevoir les cartes de vœux de Rennes Métropole et de la ville de Rennes. Nous avions déjà réalisé les vœux de Rennes Métropole en 2013, et apprécié cette expérience.
Voilà comment nous avons travaillé cette année.

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Première esquisse
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La demande est de créer un visuel commun pour les 2 collectivités (Rennes Métropole et ville de Rennes) : un paysage urbain en deux parties adjacentes gauche/droite. Les deux visuels doivent pouvoir fonctionner séparément ou ensemble. Le côté gauche, pour Rennes Métropole, doit signifier l’environnement de la nouvelle gare et l’arrivée de la LGV (Ligne à Grande Vitesse). Le côté droit, pour la ville de Rennes, est l’occasion de communiquer sur la ville à l’horizon 2020 : l’aménagement des berges, la ville à taille humaine, l’affirmation du centre ville.

Nous avons commencé par proposer deux scénarios d’illustrations réalisés au fil : une vision de la métropole depuis l’intérieur du TGV, une autre, en vue de l’extérieur avec l’arrivée du train en gare.

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Mise en couleurs

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Après validation du 2e scénario, le travail de mise en couleur peut commencer. Pollen réalise d’abord une phase test, dont le dessin n’est pas encore finalisé, mais qui montre les différents plans de l’illustration. Après première validation, l’illustration est travaillée dans les détails : personnages, premier plan, dégradés de couleurs… On vous laisse jouer au jeu des 7 erreurs 🙂

 

 

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Finalisation

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Suite à la présentation aux élus, des ajustements sont réalisés, notamment sur l’aspect de la gare perçu comme trop froid, sur les immeubles côté ville de Rennes, sur les couleurs, etc. Nous retravaillons également certains détails, ajoutons des personnages, dessinons la gare et son entrée, et plaçons l’année 2017 dans le ciel. Pour finir, les textes sont intégrés dans la composition. Nous adaptons les deux visuels sur les affiches abri-bus, les cartons d’invitation…

Enfin, nous travaillons avec le développeur/graphiste de Rennes Métropole pour créer la version animée des vœux (merci Guillaume !).

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Et après plusieurs aller-retours de micro-détails, nous y voilà ! 🙂

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Nous sommes super fières d’être affichées dans tout Rennes !
Merci à Rennes Métropole de nous avoir fait confiance.

Il y a bientôt un an, début 2016, Uber dévoilait sa nouvelle identité.
Des millions des personnes tout autour du monde ont allumé leurs smartphones et découvert une petite icône abstraite, circulaire ou hexagonale (selon qu’ils sont conducteur ou passager), à la place du U sur fond noir, bien reconnaissable de Uber.

Source : https://newsroom.uber.com/celebrating-cities-a-new-look-and-feel-for-uber/

Source : https://newsroom.uber.com/celebrating-cities-a-new-look-and-feel-for-uber/

Pour une fois, nous n’allons pas faire d’analyse graphique du logo. L’histoire du logo de Uber relatée en détail dans un excellent article de Wired nous a posé plusieurs questions :
– Quelles sont les raisons du changement, après seulement 5 ans de vie de l’ancien logo ?
– Quel rôle a joué le CEO dans le re-branding ?
– Le retour du design en interne est-il la fin des agences ?
– Comment seront créés les logos des startups ?
Beaucoup de questions pour un seul article ! En voici la première partie.

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Pourquoi Uber a changé ?

Il fallait tout changer d’abord parce que le logo de 2011 ne correspondait plus à la startup telle qu’elle existe aujourd’hui. Lancée en 2009, Uber s’est développée autour d’un service de voiturier haut de gamme : « le chauffeur privé de tout le monde ». Au commencement, le logo était un U bold, proche de celui de la chaîne de magasins SuperU (voir le lifting fait à l’époque). Le 2ème logo, noir et argent, le monogramme et l’iconographie de 2010 renvoyaient à une certaine idée du luxe.

Logo Uber 2011

Depuis, Uber s’est transformée : présente dans 400 villes de 65 pays à travers le monde, elle est valorisée à plus de 65 milliard de $. Après le lancement de services plus accessibles comme UberX ou UberPop, après avoir révolutionné le monde des taxis et des déplacements en ville, la marque n’occupe plus le même positionnement. Elle est devenue un service accessible, pas un luxe.
Les produits ont changé, les utilisateurs aussi. Et ils sont devenus très différents les uns des autres : la startup communique tous les jours auprès de clients à Bombay, Paris, Memphis, HongKong, Lima ou Varsovie… Il est difficile de s’adresser à tous de la même manière.

Et la vision ? Les déplacements en ville avec voiturier ne sont plus qu’une partie du futur d’Uber. La marque veut être (est déjà ?) le futur de la logistique.

Uber_Transportation Uber_rush Uber_self driving cars Uber_eats

En résumé, en seulement 3 ou 4 ans, les produits, le positionnement, les cibles, les marchés et la vision de la startup ont évolué. La technologie aussi. Les applications commencent à proposer les services des unes intégrés sur les plateformes des autres. Uber sera peut-être bientôt intégré directement dans l’OS de votre smartphones.

Il ne s’agissait donc pas seulement d’actualiser l’identité, mais d’incarner dans un signe simple (la première utilisation de la marque va devenir un bouton sur un smartphone) ce que sera Uber dans les 5 prochaines années. Ce changement de logo est tout sauf cosmétique. Il porte une vision différente, un message, des valeurs qui résonnent avec l’entreprise.

 

Source : https://newsroom.uber.com/celebrating-cities-a-new-look-and-feel-for-uber/

Source : https://newsroom.uber.com/celebrating-cities-a-new-look-and-feel-for-uber/

 

Comment changer ? Le rôle du CEO

Dès fin 2013, suite au lancement de UberX et au changement de positionnement induit, Uber veut changer d’identité. Solution classique : une demi douzaine d’agences de design sont consultées. En général dans ce genre d’histoire, une agence est retenue, le service communication interne travaille avec l’agence et un logo est créé.

Mais pas pour Uber.
Aucune agence n’est parvenue à les convaincre, soit parce que la réalisation n’était pas à la hauteur, soit parce que les idées n’étaient pas les bonnes… Peut-être parce que aucune n’a réussi à comprendre ce que voulait Travis Kalanick, à entrer dans son esprit. Ingénieur et entrepreneur, Kalanick ne connaissait rien au design. Après avoir compris qu’il ne trouverait pas les réponses à ses questions avec une agence, il s’est tourné vers ses propres ressources. Un vieux réflexe de startupeur.
Avec une équipe de 4 designers menée par Shalin Amin, il a commencé par réfléchir aux fondements de la marque : Uber avant, maintenant et demain. Ils mettent pas loin de 18 mois à écrire les 5 valeurs qui les définissent pour longtemps. En langage agence, on dirait qu’ils ont construit une plateforme de marque : valeurs, positionnement, vision…
A la fin de ce travail, se sentant suffisamment en confiance,  l’équipe de design interne décide de créer elle-même la nouvelle identité.

 

Source : http://www.wired.com/2016/02/the-inside-story-behind-ubers-colorful-redesign/

Source : http://www.wired.com/2016/02/the-inside-story-behind-ubers-colorful-redesign/

Kalanick (chaussures rouges sur la photo), comme beaucoup de CEO de startups ou d’entreprises du web, est extrêmement impliqué dans la réussite de sa startup. Souvent dans les startups, le/la boss est omniprésent, mi-gourou mi-businessman, il décide de tout. On oublie parfois que les fondateurs de startup ont souvent commencé leur business dans leur garage (Jobs & Wozniack), et porté leur entreprise seuls avant d’atteindre le succès et la reconnaissance.

Pour Kalanick, le lifting de Uber était une histoire personnelle : « Il y a une évolution ici, pour le fondateur comme pour l’entreprise, parce que vraiment, les deux sont très connectés ». Travis Kalanick a vécu le projet de refonte de l’identité de Uber comme une introspection personnelle : définir qui il est pour évoluer et faire évoluer son entreprise.

Il n’est pas le seul CEO de startup prendre part au design de sa marque. L’implication de Steve Jobs (avec Jonahtan Ive) dans le design de la marque et des produits Apple est maintenant devenue légendaire. La présence forte du CEO dans l’organisation des startups et dans le re-branding est sans doute une raison de la création de l’identité en interne :  c’est le cas chez Yahoo et Google, pour ne citer que quelques géants.
Avant tout, ils ont compris l’importance de leur image.

 

Source : https://design.google.com/articles/evolving-the-google-identity/

Source : https://design.google.com/articles/evolving-the-google-identity/

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Tous les entrepreneurs devraient-ils s’en inspirer ?

L’implication des CEO de startup dans leur identité n’est pas un détail anodin. Ils sont nés du numérique : l’image fait partie de leur ADN. Ils en connaissent l’importance pour se démarquer de la concurrence, pour être visible, pour toucher une cible, pour être choisi et reconnu, et surtout pour faciliter la vie de l’utilisateur, voir même pour le rendre dépendant. Leur technologie ne se voit pas, mais leur interface est visuelle. L’expérience utilisateur passe par le graphisme : choix des couleurs, des typographies, des photos, de la mise en page, des pictogrammes, etc.

Il ne serait sans doute jamais venu à l’idée d’un de ces dirigeants de faire un concours auprès de néophytes pour dessiner un logo (le genre de concours ouvert à tous, graphistes ou écoliers, avec un ballon et un ticket restaurant en cadeau pour le vainqueur, et rien pour les autres… ben oui, ce n’est pas comme si c’était du travail, hein !), ou de confier leur image à un stagiaire, ou à une plateforme de création de logo à 5 €… Pourtant, les exemples de sociétés ou d’organisation qui n’ont pas encore compris l’importance de leur image ne manquent pas. Mais je m’énerve, et je m’égare !

Les startups sont obligées de se développer avec des designers professionnels, qu’ils soient internes ou externes. Lorsque la startup grandit, les designers indépendants qui travaillent pour elle peuvent être recrutés. C’est l’évolution logique de la collaboration.

Le CEO porte l’histoire et la vision de son entreprise. Le graphiste la traduit en images et en signes.
Les deux ont besoin d’échanger pour se comprendre, pour porter la vision qui est dans la tête de l’autre, pour améliorer les idées, pour trouver une solution sur mesure, pour incarner leur identité et leurs valeurs. L’échange entre les CEO des startup et leurs designers internes montre que la commande et la réponse doivent être proches, et investies par leur mission.

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Le retour du design intégré…

Le modèle de design intégré de Uber est-il un retour en arrière ?
Il y a 20 ans, quand j’ai commencé à travailler comme designer, les services de design intégrés étaient courants dans l’univers du design produit. Dans les années 80-90, les grandes marques françaises de téléphones, d’électro-ménager, d’automobile, etc, avaient toutes leurs services de design intégré. Des exemples célèbres sont ceux de Dieter Rams chez Braun, de Jacob Jensen chez Bang&Olufsen et bien sur, plus récent, de Jonathan Ive chez Apple.

 

Source : http://lesbranchouilles.com/design/dieter-rams-le-designer-electrique-de-braun/

Source : http://lesbranchouilles.com/design/dieter-rams-le-designer-electrique-de-braun/

Je pense que les startup prolongent la logique du design produit dans l’industrie de façon naturelle. La place du designer est proche de celle de l’ingénieur et du marketeur. La nouveauté vient du fait que le designer garant de l’expérience utilisateur est à présent un graphiste. L’interface est visuelle, non plus un produit manufacturé. Le designer graphique est celui qui apporte des réponses à l’ergonomie et à la représentation visuelle. Il est logique qu’il fasse partie des startups dont le produit est une expérience devant un écran. Le graphiste est devenu le designer produit du web.

C’est une bonne nouvelle : cela montre aux autres entreprises l’importance accordées par les startups à leur image. Cela devrait contribuer à redonner du sérieux et de la considération au métier de designer graphique, et à relever le niveau de culture visuelle moyen.

Pour autant, le modèle intégré du designer en startup ne peut pas s’appliquer partout.
Beaucoup de PME et d’organismes publics ne disposent pas de ressource graphiques internes. Et il n’est pas question d’embaucher un graphiste uniquement pour faire le logo (bien que cela puisse durer 2 ans et demi, comme chez Uber !). Ceux qui ont un service de design en interne, pour gérer la création des produits ou l’édition de catalogues, n’ont pas forcément les compétences pour réaliser une identité de marque.
Enfin, la culture startup à l’américaine joue aussi son rôle dans le processus de création du logo Uber : le CEO a seulement 10 ans de plus que ses designers, tous les salariés sont invités à participer à la réussite de l’entreprise, à échanger leurs idées de façon directe avec leurs supérieurs… Cette proximité a été centrale, on l’a vu, dans la réalisation de la nouvelle identité de Uber. Elle n’est pas transposable facilement dans une entreprises « classique ».

Le recours à un prestataire extérieur apporte aussi une grande diversité de styles des prestataires, et permet une quasi infinité de choix aux entreprises et organisations, sans coût structurel.
La vraie question est de trouver le bon prestataire !

 

… et la fin des agences ?

Historiquement, dans le monde du design graphique, le designer intégré est plutôt rare. Jusqu’ici, il était relativement mal perçu.
Après l’âge d’or de l’affiche française (1920-1950), le graphisme a longtemps été le parent pauvre des agences de publicité. Le publicitaire était une star, personne ne parlait du graphiste. Les grandes agences représentaient ce qu’il y avait de mieux : des professionnels de talent auprès de qui se perfectionner dans son métier, un nom reconnu à mettre sur son C.V., des clients prestigieux, des projets visibles et intéressants, un travail stable.
Les rares services de design graphique intégrés étaient jugés comme peu créatifs. Les graphistes qui en faisaient partie étaient perçus comme ringards ou planqués… pas très sexy ! Les bons designers graphiques allaient travailler en agence.

 

Agence

 

Ce n’est plus tout à fait vrai aujourd’hui.
Les agences de publicité généralistes ont beaucoup souffert de la crise depuis 2008. Certaines ont fermé leurs portes (par exemple ici, à Rennes, Publicis et Euro RSCG ont fermé à quelques années d’écart). Le modèle traditionnel de la grande agence n’est peut-être plus au goût du jour. Les clients veulent échanger directement avec les créatifs et pas avec des chargés de clientèle différents à chaque réunion. De l’autre côté, elles ne sont plus aussi attractives qu’avant pour les jeunes talents : il est difficile d’y entrer, le travail est perçu comme peu intéressant tant qu’on n’a pas atteint le poste de directeur artistique, et leurs gros annonceurs sont moins recherchés par les diplômés car ce ne sont pas toujours ceux sur lesquels la liberté graphique est la plus grande.
Les agences de design et de publicité classiques sont remises en cause par les petites structures. Souvent moins chères à compétences égales, voire supérieures, plus souples, parfois pointues et créatives, c’est le modèle qui attire les jeunes aujourd’hui. De plus en plus de jeunes diplômés arrivant sur le marché font le choix de travailler en freelance, ou de se regrouper en collectifs ou en petits studios. Ils savent qu’ils vont en baver quelques temps avant de gagner leur vie, mais au moins ils peuvent expérimenter librement, trouver leur voie et se faire plaisir dans leur travail (ce qui n’est pas si éloigné de l’esprit des startups, finalement !), et même peut-être devenir célèbres !

 

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Source : https://appellemoipapa.fr/projet/les-vitrines

 

L’agence du futur : un studio graphique ?

Ce modèle plait aussi aux clients. Un petit studio va être aussi réactif (voire plus) qu’un service de design interne. Il apportera un œil neuf sur les sujets. Il aura une bonne connaissance des tendances du graphisme actuel et une parfaite maîtrise technique. Il saura travailler de façon proche et fluide avec ses clients, puisqu’il en a moins qu’une grande agence. Il fera quasiment office de service de design intégré dans sa proximité, mais sans les coûts à long terme. Enfin, dernier atout, le client pourra facilement changer de prestataire lorsqu’il en ressentira le besoin.
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Bon, ok, je ne suis pas du tout objective sur l’agence du futur !
Mais quand même, je parle de mon expérience perso du monde des agences sur ces 20 dernières années, et de notre expérience de tous les jours chez Pollen. A Rennes, comme à Nantes, mais sans doute aussi à Paris et ailleurs, les petites structures ont le vent en poupe. Elles remplissent les pages d’étapes et font avancer le graphisme actuel.

Bref, Uber, quand tu re-rechange de logo, on est là 🙂

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